Les blessures par armes à feu ont un aspect très
particulier qui tient au caractère "pénétrant".
On peut grossièrement séparer les armes à feu en :
- armes à cartouches à balle
- armes à cartouche à balle de haute vélocité
- armes à cartouches à plombs
Si les armes à feu provoquent un orifice d'entrée et un
trajet, l'orifice de sortie est inconstant.
C'est la vitesse (souvent plus de 800 m/s au sortir de l'arme) du projectile
qui est le caractère principal du pouvoir de pénétration (et de lésion interne)
; sa puissance de pénétration dépend aussi de la masse du projectile.
Pour les armes à projectiles supersoniques (haute vélocité) les cavitations de
l'abdomen ou du thorax tiennent à l'action du projectile qui perce, vrille et
ondule.
Dans la pratique médico-légale française,
les lésions habituellement rencontrées (suicide ou crime) sont dues à
l'action :
- de cartouches à balle (armes de poing)
- de cartouches à plomb (fusil de chasse).
(type arme de poing)
- dépendent de la distance et de la direction du tir.
- déterminent des caractères constants et d'autres inconstants.
1.3.1.1 Orifice d'entrée
Comprend :
- un orifice central, légèrement plus petit, ou de même taille que
le projectile,
- une collerette érosive qui se parchemine sur le cadavre,
- une ecchymose péri-orificielle

Le projectile sortant du canon :
- est souillé de dépôts de poussières ou de graisse et
- accompagné de poudre et de fumée.
Ces éléments déterminent les caractères inconstants :
- Si le projectile traverse une peau nue, il s'essuie sur les berges de
l'orifice réalisant une collerette d'essuyage interne. Si des vêtements
s'interposent, l'essuyage s'y fera et on ne retrouvera pas la collerette à la
partie interne de l'orifice.
- Par ailleurs, si le tir est court, s'imprimeront sur la peau (ou les
vêtements) fumée et grains de poudre. On décrira alors : une zone d'estompage
(fumée) et une zone de tatouage (poudre).
- Si le tir est long, aucune de ces deux zones ne sera observée.
La distance de tir ne peut être évaluée que lors d'un tir expérimental.

Variantes de l'orifice d'entrée
L'orifice d'entrée peut varier quant à sa forme en fonction de la distance et
de la direction du tir.
- de la distance : Si le tir est effectué à bout touchant (canon touchant
la peau) la pression des gaz provoque, au sein des tissus sous jacents
dilacérés, une néo-cavité nommée chambre de mine.
- de la direction : plus le tir est oblique, plus l'orifice est
tangentiel à la peau et s'ovalise jusqu'à provoquer une plaie en
"séton" véritable tunnellisation de la peau.

1.3.1.2 Trajet
Il est suivi :
- chez le blessé, lors de l'intervention chirurgicale par l'exploration,
- chez le cadavre, plan par plan lors de l'autopsie.
Il s'accompagne d'une ecchymose d'accompagnement et d'autant d'orifices
d'entrée et de sortie que d'organes traversés.
Il n'est pas toujours rectiligne et dépend des obstacles que le projectile
rencontre ainsi que de la mobilité des organes.
Ainsi est-il rectiligne dans un organe plein (foie, rate, rein), et sinueux
dans un organe mobile (poumon, coeur).
1.3.1.3 Sortie
Elle est inconstante.
Ne comporte :
- ni collerette d'essuyage
- ni tatouage
- ni estompage.
Elle est plus volontiers contuse, mais peut être à bords relativement nets,
Elle correspond, en règle, à une plaie plus grande que celle de l'orifice
d'entrée,
Elle peut être aberrante en cas de rebondissement (dans la boîte crânienne) ou
de migration (dans un gros vaisseau) du projectile.
Type fusil de chasse :
- dépendent de la distance et de la direction du tir.
- déterminent des caractères constants et inconstants.
1.3.2.1 Orifice d'entrée
Unique ou multiples selon la distance du tir.
A courte distance :
- La charge de plombs "fait balle" et se comporte comme un
projectile unique.
- l'orifice d'entrée est arrondi, contus, délabré et de taille
importante.
A plus longue distance :
- les plombs se dispersent selon une gerbe conique, d'autant plus élargie
que le tir est lointain.
- l'entrée se décompose en un orifice central entouré d'une couronne
d'orifices secondaires (chaque plomb se comporte comme un projectile unique).
Au maximum, l'orifice principal est absent et l'on observe que de multiples
orifices de plombs.
L'étude de la dispersion des plombs renseigne le balisticien sur la distance du
tir.
1.3.2.2 Trajet
En cas de charge unique, les lésions sont très importantes, et mettent souvent
en jeu le pronostic vital.
Le trajet "in corpore" est court et la masse de plombs est
accompagnée de la "bourre" qui se comporte comme un second
projectile.
En cas de plombs dispersés, il sera suivi autant de trajets que de plombs.
1.3.2.3 Sortie
La sortie d'une charge de plombs unique n'existe pas. La sortie d'un plomb
aberrant est possible.








