Entretien avec Jacques Trouvé, Président de la FFT

Extrait de l'article de Pascal Thilbert pour le Magazin Action Gun

Quels sont les résultats de votre pétition destinée à soutenir le parcours de tir et le tir sportif en particulier?

Le 7 avril nous comptions 70.200 pétitions signées. Je ne m'attendais pas à une telle mobilisation. Les premières signatures sont arrivées par 2500 à 3000 les premiers jours. Maintenant, nous sommes à 500 à 1000 par jour. je ne sais pas si nous recueillerons 142.000 signatures ( soit autant que le nombre de licenciés ), encore qu'au train où vont les choses... J'ai voulu sensibiliser les gens à nos difficultés. Avec le nombre de signatures atteint, cela doit interpeller les pouvoirs publics... Cette pétition n'est dirigée contre personne en particulier. La fédération française de tir, qui à fêté ses 100 ans en 1986, est reconnue d'utilité publique. Elle n'a jamais failli aux missions qui lui ont été confiées. Elle a toujours géré avec bonheur 57 disciplines de tir sportif dont 17 olympiques. Les tireurs entendent continuer à pratiquer leur sport comme ils l'ont toujours fait, en respectant la législation en vigueur, les règles de sécurité et celles de l'éthique sportive.

Ou en êtes-vous avec Madame la ministre des Sports depuis sa lettre du 13 novembre 1998 par laquelle elle demandait à la FFT de ne plus organiser de compétitions officielles de parcours de tir et aux clubs de ne plus délivrer d'avis favorables aux pratiquants du parcours ?

Pour le moment, c'est le statu quo. Madame la ministre à supprimé la délégation à la FFT pour le parcours de tir, donc nous n'organiserons pas de compétition de parcours débouchant sur l'attribution de titre de champion national, régional ou départemental.

En ce moment se déroulent les sélections pour le championnat de France.

Nous n'organiserons pas de championnat de France cette année et aucune compétition qui pourrait attribuer un titre officiel départemental, régional ou national. Il n'y aura pas non plus d'équipe de France pour les championnats du monde 1999 aux Philippines.

Que peuvent faire ceux qui désirent participer aux championnats internationaux ?

Rien n'empêche une participation à titre individuel.

Attendez-vous un geste du ministère ?

Beaucoup de tireurs se sont manifestés personnellement par courrier ou sur le service Internet de la fédération. Les pratiquants se mobilisent vraiment pour défendre leur sport et toutes les disciplines. Pour notre part, nous voudrions exposer à Madame la ministre les raisons qui nous font défendre cette activité, qui est une activité sportive comme une autre, c'est une discipline de tir sportif en mouvement. Les règles de pratique de cette discipline ont évolué considérablement sous l'égide de la FFT. Les efforts ont porté sur de nombreux points, dont la forme des cibles.

Avez-vous été reçu par Marie-Georges Buffet pour défendre l'utilité du parcours de tir, son histoire, le palmarès des champions français ?

J'ai demandé une première entrevue en juin 1997 mais elle n'a toujours pas eu le temps de nous recevoir. C'est l'argument avancé. Nous espérons que notre pétition en faveur du parcours permettra de rétablir le dialogue. La fédération avait désigné une délégation composé du président, du vice-président, du secrétaire général et d'un athlète de haut niveau membre du comité directeur, membre du bureau fédéral. Ces membres compétents peuvent expliquer clairement ce qu'est le parcours de tir.

Vous avait-elle reçu avant de prendre la décision de retirer la délégation à la FFT pour le parcours de tir ?

Jamais. Elle ne connais pas cette discipline. La question que je me pose c'est: qui a bien pu conseiller Madame la ministre? Je ne peux vous répondre. Notre délégation est crédible, nos arguments sont bons à entendre. Il est bien difficile de comprendre les raisons qui ont motivé cette décision. Les ministres des sport sont là pour promouvoir les disciplines sportives et non l'inverse.

Les plus hautes autorités sont-elles alertées du blocage de la situation ?

Les signatures de notre pétition seront déposées chez le Président de la république, transmises à Madame la ministre de la jeunesse et des sports sous le couvert du premier ministre et déposées auprès des présidents des deux chambres.

Le parcours est-il le seul à être visé ?

Non. Toutes les disciplines dites de gros calibre sont dans le collimateur. Parmi ces disciplines, certaines sont gérées par l' ISSF ( International Sport Shooting Federation ). Le pistolet dit de gros calibre au sens de l'ISSF se tire au calibre 38. Donc toutes les disciplines dites de gros calibre sont visées. Le ministère souhaite que l'activité sportive soit recentrée sur des armes de calibre réduit.

Pouvez-vous précisez ?

Que non seulement le parcours est menacé mais aussi la silhouette métallique, le bench rest et même le 300 m, qui fut discipline olympique, ainsi que les armes anciennes.

Que pensez-vous du classement des pistolets 22 Lr à un coup ?

Ce classement pose des problèmes aux jeunes cadets qui doivent être tireurs internationaux pour pouvoir être autorisés à détenir une arme de 4ème catégorie. Mais pour devenir internationaux il faut d'abord s'entraîner, avec quoi ?

par Pascal Thibert

NB de guns2000 : Le pouvoir de perforation des tissus est plus élevé avec une 22 Lr en comparaison du 380 ACP ou du 38 Spécial. :22 Lr 60 perf, 380 ACP 42 perf, 38 Spécial 55 perf, 9Para 70 perf. Pourquoi interdire le tir dit au gros calibre et le remplacer par du calibre 22 Lr, alors que le 22 Lr reste dangereux du fait de son pouvoir de perforation des tissus. On constate bien que les preneurs de décisions ne connaissent absolument pas les armes. Ils devraient laissés les spécialistes prendre des décisions sur les armes et combattre les voyous armés plutôt que les tireurs, les chasseurs et collectionneurs. En lisant les résultats d'enquêtes aux USA dans les Etats qui avaient interdit les armes, on constate un revirement de situation face à l'augmentation de la criminalité et certains états ont déjà franchi le pas en donnant des autorisations de port d'armes aux honnêtes citoyens.